J’ai toujours fait attention à mes doutes.
Il y a bien sûr cette part de moi qui se pose mille questions avant de prendre une décision. Mais avec le temps, je me suis aperçue que ces hésitations ne faisaient pas que me freiner ou me paralyser.
J’ai appris à les considérer comme une véritable boussole intérieure.
Lorsque j’accepte de m’y confronter, elles m’aident souvent à comprendre ce que j’occulte ou ce que je n’ai pas vraiment envie de regarder en face. Derrière elles se cachent parfois des peurs, des besoins, mais aussi des aspirations que je n’ose pas encore pleinement reconnaître, et encore moins assumer.
Et c’est justement la pratique du journaling qui m’a aidée à les explorer.
Au programme de cet article
01. Quand mes doutes m’ont donné envie d’écrire
Comment l’écriture m’a aidée à porter un autre regard sur mes doutes.
02. Les 5 bénéfices du journaling
Comprendre ses émotions, identifier ses besoins et clarifier ses aspirations professionnelles.
03. Les 7 questions pour explorer ses doutes
Un exercice d’écriture pour prendre du recul sur ses questionnements professionnels.
04. Prolonger la réflexion avec l’IA
Utiliser l’intelligence artificielle comme partenaire de questionnement, sans lui déléguer ses décisions.`
1. Quand mes doutes m’ont donné envie de commencer à écrire
La première fois que je me suis mise à écrire, j’étais en fin d’études et j’avais envie de partir vivre à l’étranger.
C’était un projet qui me tenait à cœur. Pourtant, quelque chose me retenait.
Plutôt que de dresser une liste des avantages et des inconvénients, de peser le pour et le contre, j’ai commencé à écrire.
Ce réflexe n’était peut-être pas si nouveau. Petite, je lisais énormément. À travers les livres, je cherchais des réponses à mes questionnements. Alors, lorsque j’ai commencé à écrire, j’ai retrouvé cette possibilité d’explorer ce que je ressentais, mais cette fois-ci à partir de mes propres mots.
Je me suis posé deux questions :
Pourquoi est-ce si important pour moi de partir ? Et qu’est-ce que ce départ va me demander de laisser derrière moi ?
Progressivement, mes doutes ont commencé à se frayer un chemin sur le papier.
Lorsque je réfléchissais à partir à l’étranger, je déposais mes aspirations : découvrir une autre culture, explorer de nouvelles facettes de moi-même, sortir d’un état de stagnation dans lequel je me trouvais.
Puis, au fur et à mesure que je me laissais porter par l’écriture, mes peurs ont commencé elles aussi à apparaître.
Partir seule pour la première fois me challengeait énormément.
Il y avait tellement d’incertitudes : ne pas savoir si je réussirais à trouver un appartement, comment le meubler, faire les démarches administratives… En fait, apprendre à me débrouiller toute seule dans un pays inconnu.
Ce que l’écriture m’a permis de révéler, c’est que mon envie de changement coexistait avec un immense besoin de sécurité.
Je voulais m’ouvrir à une autre culture, mais cette nouveauté me faisait aussi sortir de ma zone de confort.
Et surtout, j’avais peur de perdre un environnement familier, ma famille et mes amis, autant de liens qui me rassuraient.
J’avais peur de ne plus pouvoir leur parler aussi facilement, de ne plus les avoir près de moi lorsque j’en aurais besoin.
Je me souviens d’ailleurs d’une conversation avec ma grand-mère.
Elle qui me connaissait si bien, et qui savait à quel point j’avais besoin de parler, m’avait demandé comment j’allais faire en étant aussi loin.
Cette question avait fait écho à mes propres inquiétudes.
Mais un jour, alors que nous en reparlions, elle m’a dit quelque chose qui a tout changé :
« Tu sais quoi ? Moi qui dors moins bien, on pourra s’appeler. Il sera trois heures du matin pour moi et neuf heures du soir pour toi. Et on pourra continuer à parler. »
Cette conversation a été un véritable déclic.
Elle ne faisait pas disparaître toutes les difficultés liées au départ. Mais elle me permettait d’envisager autrement l’une de mes plus grandes peurs.
Et si j’ai pu accueillir cette possibilité avec davantage de sérénité, c’est aussi parce que l’écriture m’avait aidée à identifier ce qui m’inquiétait réellement.
Je n’avais pas trouvé de réponse toute faite. J’avais surtout découvert un espace dans lequel je pouvais déposer mes pensées sans avoir à les justifier, et commencer à comprendre ce qui se jouait derrière mes hésitations.
Écrire n’avait pas pris la décision à ma place. Cela m’avait permis de mieux comprendre ce dont j’avais besoin pour avancer.
C’est aussi à ce moment-là que j’ai commencé à regarder mes doutes autrement : non plus seulement comme quelque chose qui m’empêchait d’avancer, mais comme quelque chose qui pouvait m’apprendre sur moi.
Et, progressivement, l’écriture m’a aidée à comprendre une autre chose importante : je n’étais pas le problème. Ce n’est pas parce que je doutais que quelque chose n’allait pas chez moi.
Avec le temps, j’ai continué à utiliser l’écriture de cette manière, notamment lorsque mes questionnements ont commencé à toucher davantage à ma vie professionnelle.
2. Les 5 bénéfices du journaling pour comprendre ses doutes professionnels
Avec le recul, je distingue cinq bénéfices du journaling qui me semblent particulièrement précieux lorsque l’on traverse une période de questionnement professionnel.
2.1. Mettre des mots sur ce que l’on ressent
Cela peut paraître évident, mais nous ne savons pas toujours exprimer ce que nous ressentons.
Certaines émotions restent floues. Elles se mélangent à nos pensées, à nos inquiétudes, à nos anticipations.
L’écriture m’offre le temps de les accueillir et de chercher les mots justes.
Je n’ai pas besoin de formuler immédiatement une pensée cohérente. Je peux commencer par une sensation, une hésitation, une phrase inachevée.
Et, progressivement, ce qui me semblait confus devient parfois plus compréhensible.
C’est aussi ce que viennent éclairer les travaux de James Pennebaker et Janel Seagal sur l’écriture expressive : leurs recherches suggèrent que mettre une expérience émotionnelle en mots peut notamment aider à l’organiser et à lui donner une forme plus structurée.
2.2. Prendre du recul sur ses pensées
L’un des aspects que j’apprécie particulièrement dans le journaling, c’est de pouvoir revenir sur ce que j’ai écrit.
Je laisse parfois passer plusieurs jours ou plusieurs semaines avant de relire mes notes.
Cette distance me permet de porter un autre regard sur mes inquiétudes.
Cette idée de distance fait aussi écho aux recherches d’Ethan Kross et Özlem Ayduk, qui montrent que prendre davantage de recul vis-à-vis d’une expérience peut favoriser une réflexion plus constructive, plutôt que de rester enfermé dans la rumination.
C’est d’ailleurs ce que j’aime aussi dans un exercice très simple que j’ai pris l’habitude de faire : écrire une liste de ce que j’aimerais réaliser dans les trois mois à venir.
Je la glisse dans une enveloppe, puis je la mets de côté.
Trois mois plus tard, je l’ouvre.
Et je trouve toujours fascinant de redécouvrir mes intentions, de voir ce qui a évolué, ce qui s’est réalisé et ce qui ne compte finalement plus autant.
J’aime aussi cette idée de confier mes souhaits à l’univers, puis de les laisser vivre.
Mais au-delà de cette dimension symbolique, l’exercice me permet surtout de mesurer le chemin parcouru.
2.3. Identifier les besoins qui se cachent derrière les doutes
Derrière un doute, il peut y avoir un besoin que nous n’avons pas encore identifié.
Un besoin de reconnaissance, d’autonomie, de sécurité ou de liberté.
C’est exactement ce que j’avais découvert à l’époque de mon projet de départ à l’étranger : mes aspirations et mes peurs ne se contredisaient pas forcément. Elles exprimaient simplement des besoins différents qui pouvaient coexister.
L’écriture m’a appris qu’il n’était pas nécessaire d’en nier un pour reconnaître l’autre.
2.4. Repérer les pensées qui reviennent
Lorsque je relis mes anciens journaux, je remarque parfois que certaines inquiétudes reviennent sous des formes différentes.
Les situations changent, mais les questionnements se ressemblent.
Ai-je les capacités nécessaires ? Et si je me trompais ? Et si je décevais les autres ?
Ces répétitions m’aident à reconnaître certaines croyances qui peuvent limiter mes choix.
Elles m’invitent aussi à me demander si ces pensées correspondent à ma réalité actuelle ou à des peurs que je continue de porter.
2.5. Clarifier ce qui compte vraiment pour soi
C’est peut-être le bénéfice le plus important à mes yeux.
Le journaling m’aide à distinguer mes aspirations personnelles de ce que les autres peuvent attendre de moi.
À reconnaître ce que je souhaite réellement, au-delà de ce qui semble raisonnable, rassurant ou socialement valorisé.
Cette exploration de nos aspirations trouve aussi un écho dans les travaux de Laura King, qui montrent qu’écrire sur son avenir souhaité et ses objectifs de vie peut être associé à une amélioration du bien-être subjectif.
Il m’aide à me poser une question essentielle :
Est-ce que je fais ce choix parce qu’il me ressemble, ou parce que je pense que c’est ce que je devrais faire ?
Écrire me permet de revenir à moi, à mes valeurs, à mes envies, à mes contradictions aussi.
Et de réfléchir, petit à petit, à la vie professionnelle que je souhaite construire.
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Ce que j’aimerais vous laisser
Pendant longtemps, j’ai associé le doute à quelque chose qui m’empêchait d’avancer.
Aujourd’hui, je le regarde autrement.
Il peut être inconfortable. Il peut ralentir certaines décisions. Mais il peut aussi attirer mon attention sur quelque chose que je n’avais pas encore pris le temps d’explorer.
Le journaling m’a appris à lui faire une place.
À écouter ce qu’il révèle de mes peurs, de mes besoins, de mes aspirations.
Et surtout, à ne plus attendre d’avoir toutes les réponses pour commencer à mieux me comprendre.
Car finalement, il ne s’agit pas toujours de faire disparaître ses doutes, mais d’apprendre à entendre ce qu’ils ont à nous dire.
J’espère que cet article vous aura donné envie de prendre un peu de temps pour écouter vos propres doutes et surtout les poser par écrit.
Et si certains passages ont fait écho à ce que vous vivez en ce moment, n’hésitez pas à venir me le partager dans les commentaires❣
Pour aller plus loin
Si ces questions résonnent avec ce que vous traversez en ce moment, vous pouvez aussi poursuivre la réflexion avec :
Crise du quart de vie : peut-on avoir tout réussi et pourtant se sentir perdu ?
Perte de sens au travail : comprendre ce qui se passe avant de tout changer
Sources et recherches
Ces recherches n’indiquent évidemment pas que le journaling apporte à lui seul des réponses à nos doutes professionnels. Elles permettent surtout d’éclairer certains mécanismes que je retrouve dans ma propre pratique : mettre en mots, prendre du recul et explorer ses aspirations.
James W. Pennebaker et Janel D. Seagal (1999) — Forming a Story: The Health Benefits of Narrative.
Laura A. King (2001) — The Health Benefits of Writing About Life Goals.
Ethan Kross et Özlem Ayduk (2011) — Making Meaning out of Negative Experiences by Self-Distancing.



Le journaling est une belle manière de poser ses émotions - et donc de clarifier le doute ou l’angoisse qui nous prend au corps.