Agir : ce qui nous met réellement en mouvement
Après avoir ressenti, discerné, il est temps de se décider. Il est temps de se mettre réellement en mouvement, de choisir et d’agir.
Et là rentre une nouvelle donnée dans cette équation du « je ressens, je discerne et j’agis ».
Cette nouvelle donnée, c’est la conviction.
Mais la conviction n’est pas la certitude.
Agir, ce n’est pas attendre d’être sûr. C’est reconnaître ce qui, dans une décision, nous engage suffisamment pour que nous acceptions ce qu’elle va déplacer dans notre vie.
Nous n’avons pas toujours besoin d’être convaincus à 100 %
Il m’est arrivé d’accepter une offre d’emploi sans être totalement convaincue que c’était la chose à faire.
C’était à mon retour des États-Unis. Je cherchais du travail et cette proposition cochait, on va dire, à 70 % ce que j’avais envie. Elle ne cochait pas 100 %.
Il y avait eu une suite d’entretiens qui m’avaient confirmé que c’était bien là où je pouvais avoir une place. Toutefois, je n’étais pas complètement sûre.
Et j’ai décidé d’y aller quand même, même si la conviction n’était pas complètement là.
À d’autres moments de ma vie, cela a été très différent.
Quand la conviction est plus forte que le doute
Lorsque je suis partie aux États-Unis, il n’y avait aucun doute. La conviction était indéniablement forte.
C’était une forme d’appel. La conviction d’être appelée à rejoindre cette équipe universitaire là-bas, à expérimenter une vie à l’étranger, à apprendre une nouvelle langue.
Ça m’est arrivé une deuxième fois lorsque j’ai décidé de quitter le sud de la France pour aller dans le Nord et, à nouveau, de faire un changement assez fort en passant de la recherche et du développement au développement de business.
Là aussi, il y avait une conviction très forte à l’intérieur de moi que je prenais la bonne décision.
Et pourtant, le discernement avait été beaucoup plus chaotique.
Il avait été une suite de discussions, d’interrogations, de questionnements multiples et variés. J’ai beaucoup questionné cette décision de quitter Toulouse pour aller sur Lille.
Et il s’avère que c’est une des meilleures décisions que j’ai prises dans ma vie.
C’est peut-être là que se situe la différence entre conviction et certitude.
Nous pouvons beaucoup douter avant de prendre une décision et pourtant sentir, au moment d’agir, que nous voulons y aller.
Ce que nous choisissons dépasse parfois la décision elle-même
Lorsque je suis partie aux États-Unis, je ne choisissais pas seulement de rejoindre une équipe universitaire.
Il y avait la découverte d’un pays étranger. Le rêve d’une petite fille qui voulait apprendre à vivre dans une autre langue que la sienne. Il y avait aussi le fait de changer de continent, de découvrir d’autres façons de vivre.
La conviction était forte parce que cette décision avait un sens pour la vie que je souhaitais vivre.
Bien plus tard dans ma carrière, lorsque j’ai quitté le sud pour aller dans le Nord, je ne choisissais pas seulement de quitter la recherche et le développement pour le développement de business.
C’était un virage important.
Il y avait une recherche de liberté, un besoin d’expérimenter, à nouveau une ouverture sur le monde.
Découvrir de nouvelles façons de faire, challenger, me confronter à des cultures différentes, travailler avec des personnalités très différentes, expérimenter, me sentir libre. Tous ces éléments étaient importants pour moi.
Et c’est peut-être cela que la conviction vient chercher.
Non pas la certitude que nous prenons la bonne décision, mais la reconnaissance de quelque chose qui compte suffisamment pour nous mettre en mouvement.
Une décision nous dit aussi ce que nous voulons préserver
C’est dans ces décisions importantes que le discernement, s’il n’est pas relié au sens de la vie que nous souhaitons vivre, risque de ne pas nous satisfaire pleinement.
Une décision doit pouvoir rendre compte de ce qui compte profondément pour soi.
Agir peut donc être motivé par bien d’autres aspects que la pure décision professionnelle.
C’est aussi pour cela que l’on peut décider, après moult questionnements, de ne pas agir.
Parce qu’une décision peut remettre en cause un équilibre familial de façon très forte. Parce que ce que nous gagnerions d’un côté ne compense pas toujours ce que nous sommes prêts à remettre en risque de l’autre.
Ne pas agir peut alors être aussi une décision.
Dans tous les cas, le questionnement et la façon dont nous allons décider d’agir, ou de ne pas agir, nous auront permis de savoir ce que nous voulons garder et ce que nous sommes prêts à remettre en risque.
Agir, ce n’est pas ne plus douter
Nous étions partis d’une tension.
Cette tension nous a conduits à nous questionner pour mieux discerner.
Et le discernement nous amène maintenant à choisir.
Notre capacité à agir devient pleine et entière lorsque nous comprenons que nous n’avons pas besoin d’être certains pour avancer. Nous avons besoin de reconnaître ce qui compte suffisamment pour nous engager.
C’est à cet endroit que nous redevenons pleinement acteurs et actrices de nos choix, non seulement de ce que nous voulons faire professionnellement, mais de ce que nous voulons accomplir et expérimenter dans notre vie.
Et peut-être qu’au fond, la question n’est pas seulement : « Est-ce la bonne décision ? »
Mais aussi : « Qu’est-ce qui compte suffisamment pour moi pour que j’accepte de me mettre en mouvement ? »
Pour prolonger cette réflexion, tu peux lire Tout commence par une tension, sur ces premiers signes qui nous indiquent que quelque chose ne nous convient plus, puis Ressentir sans encore savoir, sur la façon dont un ressenti encore flou peut gagner en clarté au contact du réel.
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