Il y a des périodes où, extérieurement, rien n’a vraiment changé. On continue à travailler, à avancer et à faire ce que l’on faisait jusque-là. Pourtant, quelque chose n’est plus tout à fait pareil.
L’énergie baisse, certaines choses nous enthousiasment moins et l’on peut avoir l’impression d’avoir fait le tour sans savoir encore ce que l’on voudrait à la place.
Parfois, une autre envie revient régulièrement, sans que l’on sache encore quoi en faire.
C’est souvent ainsi que les grandes transitions ont commencé pour moi. Elles ne sont pas nées d’une décision claire, mais d’un décalage entre ce que je vivais encore et ce qui commençait à bouger en moi.
C’est précisément cet espace que j’ai envie d’explorer dans Entre Ici & Ailleurs : ce moment où on sent que quelque chose doit évoluer alors que la suite reste encore floue.
Quand quelque chose se fait sentir avant de pouvoir être nommé
Pendant longtemps, j’ai cru qu’il fallait comprendre rapidement ce qui n’allait pas et savoir quoi faire ensuite. Avec le recul, je vois les choses différemment.
Il arrive que notre corps, notre énergie ou nos émotions nous alertent avant que nous soyons capables d’expliquer ce qui se passe. On peut se sentir plus fatigué, moins engagé, davantage irrité ou simplement moins à sa place qu’avant, sans savoir immédiatement ce que cela signifie.
C’est souvent à ce moment-là qu’on commence à chercher une réponse trop vite. On voudrait savoir s’il faut changer de métier, partir, rester ou simplement attendre.
Pourtant, il existe parfois une étape intermédiaire : reconnaître qu’un mouvement est en cours sans chercher immédiatement à le résoudre.
C’est peut-être là que commence réellement l’entre-deux, lorsque ce qui nous convenait jusque-là ne nous correspond plus tout à fait, mais que ce qui pourrait venir ensuite n’a pas encore pris forme.
La tension ne prend pas toujours la même forme
Je l’ai vécue de différentes façons au fil de ma vie.
Parfois, je sentais seulement qu’une situation ne me convenait plus sans savoir ce que je voulais à la place. À d’autres moments, l’envie était déjà là, mais elle se heurtait à la peur ou à la difficulté de passer à l’action.
C’est ce qui s’est passé quand j’ai voulu partir aux États-Unis.
Depuis toute petite, je rêvais de vivre à l’étranger. Quand ce rêve a commencé à devenir une possibilité réelle, je me suis retrouvée partagée entre l’envie d’y aller et la peur de ne pas savoir comment m’y prendre.
Dans ce cas-là, je ne cherchais pas à comprendre ce que je voulais. Je le savais déjà. La tension venait plutôt de l’écart entre cette envie et tout ce qu’elle impliquait concrètement.
C’est pour cela que je crois qu’une transition ne commence pas toujours par la même question. Parfois, on cherche encore une direction. D’autres fois, on sait déjà ce qui nous attire, mais on ne sait pas encore comment avancer vers cette possibilité.
Le réel aide à y voir plus clair
Quand j’ai commencé à chercher un organisme, un emploi puis une université, quelque chose a changé.
Mon envie n’était plus seulement une idée. Elle commençait à se confronter à la réalité, et cette confrontation m’a permis d’y voir plus clair.
Je pouvais constater ce qui était possible, ce qui ne l’était pas et ce qui continuait à me donner envie une fois sorti de mon imagination. Certaines choses se confirmaient, d’autres perdaient de leur évidence.
Avec le recul, je ne dirais pas que mon intuition ou mon corps me donnaient directement la réponse. Ils m’indiquaient simplement qu’il y avait quelque chose à regarder de plus près.
La décision, elle, s’est construite ensuite, au croisement de ce que je ressentais, de ce que je voulais et de ce que la réalité rendait possible.
Ne pas exiger trop tôt de soi de savoir
Avec les années, j’ai fini par reconnaître ce processus dans plusieurs changements importants de ma vie.
Une décision peut commencer bien avant le moment où nous la prenons vraiment. Elle peut d’abord apparaître sous la forme d’un malaise, d’une envie récurrente ou d’un décalage difficile à expliquer.
Ensuite, nous cherchons à comprendre ce qui se joue, puis nous commençons parfois à explorer une possibilité. C’est souvent en avançant un peu que les choses deviennent plus claires.
Connaître ce processus ne permet pas forcément de trouver plus vite la réponse. En revanche, cela peut nous éviter d’exiger trop tôt de nous-mêmes de savoir exactement quoi faire.
Il existe un temps nécessaire entre ce que nous ressentons et ce que nous déciderons. Ce temps permet d’observer, de confronter une intuition à la réalité et de laisser émerger une décision plus juste.
C’est autour de ces moments de bascule, encore flous mais déjà très présents, que j’ai envie de poursuivre les réflexions dans Entre Ici & Ailleurs.
Pour mieux comprendre comment se construisent les décisions importantes lorsque nous sommes entre deux étapes de notre vie.
Si tu traverses toi aussi une période où ce qui te convenait auparavant ne te correspond plus vraiment, sans savoir encore clairement ce qui pourrait venir ensuite, tu peux t’abonner à Entre ici et ailleurs.
C’est précisément de cet entre-deux qu’il sera question ici.


